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Interview : Apres L’échec Du
Meeting Des Houphouetistes - Le président du Forum accuse
L'Inter - 11/1/2005 7:13:33 PM
L’inter : Le
meeting organisé par les jeunesses houphouétistes dimanche dernier s’est achevé
en queue de poisson ; on a eu l’impression que les leaders n’étaient pas en
phase avec les militants. Qu’est-ce qui s’est passé ?
Jean Claude Atsé Atsé :
Merci. On dit chez nous, ou tu fais, ou tu ne fais pas. Il faut éviter de
tituber, de se comporter en irresponsable. Pour ce qui concerne ce meeting, le
Forum n’était pas, au départ, mêlé à son organisation ; la preuve, nous
n’étions pas dans le comité d’organisation. C’est trois jours avant, que nous
avons été interpellés par certains de nos militants qui ont souhaité que nous
apportions notre appui à la mobilisation pour l’événement. C’est ainsi que j’ai
lancé un appel aux militants, qui ont répondu en effectuant nombreux le
déplacement. Je voudrais d’ailleurs profiter de l’occasion pour dire merci aux
militants du Forum qui ont répondu à mon appel et leur dire que s’ils n’ont pas
eu ce qu’ils attendaient ce jour-là au meeting, c’est parce que nous n’avons
pas été associés à son organisation. Je dois cependant relever qu’il faut
éviter de s’amuser avec la base, car ceux qu’on appelle chaque jour à descendre
dans la rue ne sont pas des moutons. Lorsque depuis un mois, certains leaders
de la jeunesse du Rhdp demandent aux jeunes de descendre sur Abidjan avec leurs
bagages, qu’ils clament que “ le 30 octobre, ça passe ou ça casse ”, et que des
jeunes se déplacent massivement au Parc des sports, ils doivent assumer. Quand
vous demandez aux gens de venir pour une mission et qu’ils sont là, il faut
éviter de les distraire. Il aurait fallu réfléchir avant de leur lancer le
message mais lorsque qu’on fait passer des mots d’ordre qu’on ne plus assumer,
c’est qu’on est un leader irresponsable. Je voudrais présenter mes excuses à
tous les militants, notamment à ceux du Forum qui sont venus à ce rassemblement
sur mes instructions, parce qu’on pensait qu’on passerait un ou deux jours sur
les lieux pour montrer à monsieur Gbagbo que son pouvoir a pris fin, pour
montrer au Fpi que leur régime a pris fin et leur dire qu’il n’y aura pas de
prolongation comme l’a dit le président Bédié.
L’inter : Qu’est-ce que les organisateurs ont bien pu dire aux jeunes pour les
inciter à effectuer le déplacement ?
J.C A. A. : Certains leaders de la
jeunesse du Rhdp, qui aiment bien se répandre dans les journaux, ont appelé les
jeunes à descendre sur Abidjan à partir du 15 octobre, parce qu’ils allaient
chasser Gbagbo du pouvoir ; ils ont crié que le 30 octobre, ça casse ou ça
passe. Quand ils tiennent ce genre de discours à des jeunes ivoiriens qui
souffrent dans leur chair, qui sont en colère contre ce régime fasciste et que
ceux-ci effectuent le déplacement et qu’en retour ils constatent que la réalité
est tout autre, c’est normal qu’ils se fâchent. C’est pourquoi j’en veux à
certains leaders du Rjdp, qui sont irresponsables. Quand on se dit leader, il
faut joindre l’acte à la parole plutôt que de faire du spectacle politique .Il
faut éviter de trahir le peuple et c’est ce qui s’est passé dimanche. La
jeunesse sortie nombreuse a été trahie par certains organisateurs du meeting.
L’inter : A en croire certains organisateurs du meeting que nous avons
approchés, c’est une information de dernière minute qui leur est venue de haut,
qui est à l’origine de la mésentente entre les leaders et la base. Votre
commentaire.
JC. A. A : Il faut arrêter de distraire le peuple ; qu’on nous
dise qui a donné les instructions. Parce qu’on ne peut pas avoir tenu des
discours guerriers du genre “ On va chasser Gbagbo le 30 octobre ” et se
dégonfler à la dernière minute. Il faut se montrer responsable et assumer les
propos qu’on a tenus à travers les tournées dans toutes les contrées de la Côte
d’Ivoire. Il faut arrêter de distraire les jeunes ; quand on ne peut pas faire,
on ne fait pas, on se tait.
L’inter : Est-ce que vous ne craignez pas que l’échec de ce meeting ait un
impact négatif sur la mobilisation des militants les jours à venir, vu qu’ils
sont repartis déçus ?
J.C A.A : Effectivement, les militants sont repartis
déçus parce que ce que certains leur ont fait croire n’a pas eu lieu
malheureusement. Pour nous, il aurait fallu faire deux ou trois nuits au Parc
des sports de Treiville pour exprimer son mécontentement à M. Gbagbo pour qu’il
rende démission. Malheureusement, les jeunes n’ont pas pu faire cela parce que
ceux qui leur ont demandé de venir n’ont pas pu aller au bout de leur pensée.
Mais je demande à ces jeunes gens de ne point se décourager, car la lutte ne
fait que commencer. Qu’ils sachent que tant que les élections n’ont pas eu
lieu, ils ne doivent pas baisser les bras. Parce qu’ils ne militent pas pour
ceux qui les ont invités au meeting, mais pour leurs leaders. Qu’ils continuent
d’apporter leur soutien au président Henri Konan Bédié, candidat de la
jeunesse. C’est pourquoi je demande pardon à tous ces jeunes, dont certains ont
été agressés à coups de machettes, qu’ils ne baissent pas les bras, qu’ils
comprennent que c’est le début de la lutte. Je les invite à se tenir mobilisés,
d’ici la fin de ce mois, nous appellerons les jeunes à un grand rassemblement
de délivrance au stade Félix Houphouët Boigny afin que la Côte d’Ivoire soit
libérée définitivement.
L’inter : Dans son message à la nation de dimanche dernier, le président de la
République a indiqué qu’il entendait diriger le pays avec la même détermination
que durant les trois dernières années. Or, il est question de nommer un Premier
ministre avec tous les pouvoirs. Ne va-t-on pas vers un autre blocage ?
JC A.A
: Je vous répondrai en disant que tant que M. Laurent Gbagbo sera président ou
chef de l’Etat, douze mois ne suffiront pas pour régler les probèmes ivoiriens.
En tant que candidat du Fpi au même titre que M. Bédié, Alassane, Mabri et tout
autre candidat à l’élection présidentielle, nous pensons que M. Gbagbo devrait
se mettre à l’écart pour préparer les élections. Lui-même a dit que c’est par
les élections que la Côte d’Ivoire sortira définitivement de la crise, alors,
qu’il accepte d’aller faire campagne et laisser la gestion de la transition à
une personne neutre, qui ne sera pas candidate. Dans la résolution 1633 de
l’Onu, la communauté internationale reconnaît que son pouvoir prend fin le 30
octobre et qu’il y a un vide constitutionnel. Nous constatons avec cette
communauté internationale, le vide constitutionnel et nous souhaitons qu’en
tant que candidat du Fpi, M. Gbagbo se mette à l’écart de l’organisation des
élections afin que ces élections soient confiées à une équipe neutre. Et c’est
à juste titre que l’Onu a désigné M. Monteiro comme responsable des élections
en Côte d’Ivoire. Nous pensons que M. Monteiro peut jouer le rôle de chef de
l’Etat en tant qu’administrateur de l’Onu, auquel on adjoindra un Premier
ministre de consensus qui va suivre les choses au quotidien avec le Groupe
international de travail.
L’inter : Comment entrevoyez-vous la suite du processus de paix ?
JC A.A : A la
fin du mois de novembre, nous allons inviter toute la jeunesse, tout le peuple
de Côte d’Ivoire au stade Houphouët Boigny afin qu’ils nous disent ce qu’on
doit faire par la suite. Souvenons-nous qu’à l’époque coloniale, dans ce même
stade appelé stade Joan André, le peuple de Côte d’Ivoire s’est réuni pour
prendre des décisions importantes concernant l’avenir de la Côte d’Ivoire.
J’appelle donc tous les jeunes de Côte d’Ivoire, tous les jeunes épris de paix,
à venir au stade Houphouët Boigny le 30 novembre pour qu’on décide de notre
avenir.
par Assane NIADA
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