« Les candidats de l’étranger »

webmaster le 2 novembre 2009

Lors d’une sortie récente, le candidat Laurent Gbagbo a laissé entendre en substance qu’il y avait des « candidats de l’étranger » qui allait venir courtiser les électeurs ivoiriens pendant la campagne présidentielle qui s’annonçait. Ces propos étaient d’autant plus énigmatiques vu que le déclaré candidat de la Refondation ajoutait aussitôt après qu’il ne pouvait pas en dire plus… Il se pourrait qu’il y ait des « candidats de l’étranger » tapis dans l’ombre que seul le Président-devenu-Candidat Gbagbo a le privilège de connaître étant donner son accès privilégié à tous les secrets de l’Etat de Côte d’Ivoire. Mais si en fait par l’expression mystérieuse de « candidats de l’étrangers » le candidat Gbagbo voulais parler en parabole de ses adversaires qui ont une riche expérience internationale ainsi qu’un carnet d’adresse que tout dirigeant soucieux du développement de son pays remercierait le ciel d’avoir, je suis amener a m’interroger sur la vision que le candidat Gbagbo a du développement de la Cote d’Ivoire.

Vois-t-il dans cette vision une Côte d’Ivoire coupée de sa sous-région et du monde ? Une Cote d’Ivoire autarcique dans sa production, sa consommation, et son investissement ? Un peuple ivoirien déconnecté du reste du monde parce que refusant les nouvelles technologies qui viennent évidemment de l’étranger ? Serait-ce en fait l’idéal marxiste-léniniste de sa jeunesse qui renaîtrait de ses cendres, comme un phénix ? Si la réponse à ne serait-ce qu’une de ces questions n’est pas un « non » très cristal-clair, le peuple ivoirien est en droit de s’inquiéter de la capacité de la Refondation et de son candidat-désigné à conduire la Côte d’Ivoire sur le chemin du développement.

En effet, toute politique de développement sensée est ancrée sur deux piliers : la politique domestique, et la politique étrangère. Et pour un pays en développement, la politique étrangère est bien souvent plus déterminante pour son équilibre macro-économique, l’efficacité de sa production et son commerce international. C’est ce qui est démontré dans le modèle macroéconomique basique des « petits pays ouverts ». Cela signifie que pour être efficace, la politique étrangère d’un pays en développement devrait être plus qu’avoir des ambassades implantées un peu partout dans le monde. Il faut une stratégie de développement qui formule clairement comment le pays entend intégrer son économie à l’économie régionale et mondiale. De cette stratégie de développement intégré doit ensuite découler les politiques publiques les plus à même de transformer cette strategie en réalité pour le bien-être de la population. Dans un tel contexte, avoir une expérience internationale et ou un carnet d’adresse international n’est certainement pas de trop. Je dirai même ceci : pourquoi choisir un candidat qui se targue de ne pas l’avoir alors d’autres candidats ont impressionné leurs pairs économistes, que ce soit comme conseiller de McNamara a la Banque Mondiale ou directeur adjoint de Camdessus au FMI ?

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