Ouvrons le debat sur la politique de l’emploi
La structuration du secteur informel et le développement stratégique de nouveaux créneaux d’exportation peuvent augmenter le niveau de l’emploi. Les mesures ci-dessous pourraient aider dans ce sens: (i) harmonisation des contrats de travail; (ii) renforcer les liens entre formation et marche du travail; (iii) expansion des services publics d’education et de sante; (iv) promotion de l’esprit d’entreprise.
i) Tout d’abord il faudrait harmoniser les contrats de travail proposés actuellement. Une etude recente de l’ENSEA montre la coexistence dans le secteur formel de salariés protégés, évolutifs et vulnérables. Il conviendrait de faire une harmonisation qui supprimerait le statut de travailleur vulnérable en tablant sur deux contrats, l’un complet utilisé dans le secteur moderne actuel et l’autre évolutif à utiliser dans le secteur qui remplacera l’actuel secteur informel le temps de mettre les employeurs et les employés en confiance. Cette harmonisation devrait se faire en impliquant les centrales syndicales pour établir de nouvelles conventions collectives.
ii) Ensuite il faudrait renforcer les rapports entre formation initiale, formation professionnelle, emploi et formation continue en faisant travailler de concert l’AGEPE, le FDFC, la direction de l’enseignement technique et professionnel et la direction de l’enseignement supérieur sur la sécurisation des profils de carrière. L’AGEPE devrait être dotée de moyens modernes et financiers lui permettant de bien couvrir le territoire national et de bien jouer son rôle de mise en contact des demandeurs de travails avec les entreprises publiques ou privées. Le FDFC devrait travailler de concert avec une Equipe d’Analyse Stratégique pour repérer les formations porteuses d’avenir et conseiller les entreprises et les travailleurs dans ce sens. Les directions de l’enseignement technique, professionnel et supérieur doivent favoriser les échanges entre les étudiants et les entreprises en professionnalisant certaines filières et en incluant une durée minimale de stage pratique dans les cursus de formation.
iii) Ensuite, comme mentionné dans les propositions pour la politique de croissance économique, la bonne gestion des finances publiques devrait permettre de faire de la relance keynésienne dans les secteurs de l’éducation et la santé de base. En collaboration avec le PNUD, l’UNESCO et l’UNICEF, un vaste programme national de construction d’infrastructure d’éducation et de santé de base dans les communautés rurales dont la taille le justifie ainsi que la formation et le recrutement d’enseignants, d’agents de la santé et d’assistants sociaux créeraient non seulement de l’emploi dans ces zones désavantagées mais permettraient aussi au pays de rattraper son retard de développement au niveau de l’Indice du Développement Humain tant commenté par le PNUD.
iv) Enfin, l’Etat devrait encourager l’esprit d’entreprise en octroyant des fonds récompensant des projets exceptionnels. Les écoles de commerce et de management doivent être impliquées dans cette initiative d’émulation nationale via le renforcement des Juniors Entreprises et l’établissement de collaborations avec des écoles de commerce et de management de référence au niveau africain et international. Le gouvernement pourrait solliciter l’assistance technique d’institutions internationales orientées vers le soutien de l’entrepreneuriat. L’Observatoire des Mauvaises Pratiques devrait être sollicité pour repérer et détecter toute attribution frauduleuse des fonds qui découragerait l’émulation que l’octroie de ces fonds est censé apporter.
Je pense que le vrai probleme de la Cote d’Ivoire c’est que le secteur Prive embauche qu’un petit nombre de diplomes.L’Etat reste le principal employeur ce qui fait que taux de chomage accroit au fil du temps. La cote d’Ivoire gagnerait en changeant sa politique de l’emploi.
« La Côte d’Ivoire gagnerait en changeant sa politique de l’emploi », a dit Viviane Nda. J’ajouterai, « changer sa politique de promotion de l’emploi » ce qui déchargerait l’Etat de sa fonction d’employeur premier. Dans sa politique actuelle de promotion de l’emploi, l’Etat remplit la double fonction de créer et d’employer.
La création de l’emploi dans et par le secteur privé n’est encouragée que dans les textes, mais systématiquement niée dans les faits. En effet, l’Etat semble ne pas supporter la concurrence de la part du secteur privé sinon comment expliquer la monopolisation si orientée des domaines du transport (La SOTRA) et de la téléphonie (CI-TELCOM) et même de l’électrification?
La plupart de ces grandes firmes sont déténues par personnalités très influentes et donc qui jouissent d’un pouvoir de décision dans la reconnaissance même au secteur privé le droit de générer de l’emploi. L’Etat a-t-il peur de perdre le monopole et le contrôle de créer et de gestion de l’emploi? Sinon comment expliquer que l’entreprise privée en Côte d’Ivoire si moindre soit détenue par des corporations étrangères et presque jamais ne s’origine de l’oeuvre entière des ivoiriens eux-mêmes? Peut-être nos experts économistes pourraient éclairer mon ignorance en la matière.
Le dernier point souleve par Blibliciste me semble important: le climat des investissements ivoirien inspire-t-il confiance aux investisseurs nationaux ou etrangers pour initier de nouvelles activites generatrice d’empploi? le systeme judiciaire est-il assez fiable pour qu’un investisseur soit assez serein qu’en cas de contentieux, le droit sera applique? L’entrepreneur qui opere dans le secteur informel a-t-il confiance que s’il formalise son activite et ile sera pas constamment soumis a du chantage et la corruption de la part des agents du fisc?
La credibilite du systeme judiciaire est fondamentale pour attirer les activites nouvelles qui supplanteront l’Etat en tant que premier pourvoyeur d’emploi. Beaucoup d’economistes du developpement estiment que les institutions qui assurent l’etat de droit et protege la propriete prive sont le socle sur lequel un developpement harmonieux peut se construire. Peut-etre que la politique de l’emploi et de promotion de l’emploi devrait commencer par une remise a plat du systeme judiciaire pour qu’il soit evident pour tous (les nationaux comme les non-nationaux) qu’en Cote d’Ivoire, l’investissement est reellement protege.