Au-delà des aspects légaux, la confiance suscitée et maintenue entre les citoyens d’un Etat reste un ciment nécessaire au succès de tout projet commun : confiance dans les institutions, confiance dans le système judiciaire, confiance dans système législatif, confiance dans le gouvernement qui exerce la souveraineté au quotidien. La confiance peut-être assurée si les citoyens réalisent que les changements positifs effectués sont irréversibles. La situation sociopolitique récente de la Côte d’Ivoire semble requérir les changements suivants : (i) la mise en oeuvre des reformes institutionnelles adoptees par le referendum de 2000; (ii) une clarification de la politique de decentralisation; (iii) et la moralisation de la l’administration publique.

i) Tout d’abord, la mise en œuvre des réformes institutionnelles incluses dans la nouvelle constitution. Le financement de ces reformes pourrait se faire en collaboration avec la Banque Mondiale et l’Union Européenne qui ont des lignes de crédit destinées aux reformes institutionnelles des pays en développement. Cette mesure mettra à la disposition des ivoiriens des institutions plus dignes de confiance (car l’émanation de la nouvelle constitution votée majoritairement) et surtout irréversible du fait de l’ancrage avec certaine institutions internationales.

ii)  Ensuite, il faudrait accompagner le processus de décentralisation en clarifiant et diversifiant les sources de financement par le développement d’une fiscalité des régions compatible avec la fiscalité nationale, par le développement de projets avec les institutions multilatérales ayant des lignes de crédit destinées à appuyer les processus de décentralisation des pays en développement, par la promotion de jumelages Nord-Sud entre villes, départements et régions et l’implication de la diaspora ivoirienne en établissant et opérationnalisant un Bureau des Ivoiriens de l’Etranger. Cette mesure mettra à la disposition des conseils généraux des fonds en plus de la dotation du budget de l’Etat pour mener à bien les projets de développement régional.

iii) Enfin, il faudrait moraliser l’administration publique, la police nationale et la gendarmerie en luttant effectivement contre le racket et la corruption sous toutes ses formes par la création d’un Observatoire des Mauvaises Pratiques au pouvoir de sanction réel qui sera aussi chargé de la lutte anti-corruption. Cette mesure restaurera la confiance des citoyens en l’administration publique et aux gouvernants et réduira les distorsions de redistribution induites par la corruption.

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