Ouvrons le debat sur la politique sociale

webmaster le 9 août 2009

Vu que la pauvreté est multidimensionnelle, toute mesure de lutte contre elle doit être holistique. C’est l’idée des Programmes Stratégiques de Réduction de la Pauvreté que la Banque Mondiale encourage tout pays en développement à discuter et proposer. Cette strategie devrait inclure les aspects comme la mutualite, le developpement rural et la pauvrete urbaine.

i) La première mesure dans l’optique de la lutte contre la pauvreté serait donc d’actualiser le programme initialement établi par la Côte d’Ivoire. En effet, les années de crises ont changé la donne nationale et le Programme Stratégique de Réduction de la Pauvreté doit intégrer les aspects post-conflictuels tels que la réconciliation nationale, le dédommagement des victimes de guerre, la reprise de la confiance… Les différents acteurs qui avaient été impliqués dans la rédaction de ce document devraient être à nouveau sollicités pour réévaluer la situation et adapter les propositions qui seraient ensuite soumises à la Banque Mondiale et aux autres institutions internationales d’aide au développement.

ii) Dans ce même élan, l’Etat devrait encadrer et renforcer  l’esprit de mutualité et de coopérative si chers dans la culture ivoirienne. Cette implication de l’Etat permettrait de proposer un système d’assurance correspondant au revenu de la population rurale et un système de financement alternatif via les coopératives. L’Etat pourrait faciliter l’encrage de ces institutions financières rurales avec les banques et assurances privées en développant des systèmes de garantie ou d’avalise. Une collaboration avec des organismes internationaux tels que la Banque des Pauvres serait profitable pour ce système.

iii) Ensuite, il faudrait soutenir le développement rural via la régionalisation, les communautés rurales, les villages et encourager les parrainages et jumelages avec des villes et communes dans les pays développés en s’appuyant sur la diaspora et les consulats. Dans cette optique, le Bureau des Ivoiriens de l’Etranger pourrait permettre d’échanger les expériences avec des associations voire même des autorités politiques dans les communes et villes de l’étranger où vivent des ivoiriens. L’Etat pourrait aussi mettre en place une politique ciblée de l’emploi rural via un système de service civique renforçant les liens avec l’intérieur du pays et donc favorisant l’intégration nationale et valoriser ces expériences.

iv) Enfin, un regard particulier doit être porté sur la pauvreté urbaine dans les quartiers précaires en périphérie des grandes villes. La pauvreté est renforcée dans ces quartiers du fait de la forte insécurité et de l’insalubrité. L’Etat devrait donc recenser les habitants de ces quartiers et construire des logements sociaux respectant les normes de salubrité et de sécurité pour les reloger. Le Bureau des Ivoiriens de l’Etrangers pourrait ici aussi être sollicité pour développer des partenariats avec des communautés ou associations sensibles à la problématique des bidonvilles pour soutenir l’Etat dans son effort d’investissement. L’implication de ces communautés et associations donnerait une dimension humaine à l’effort de lutte contre la pauvreté, ce qui correspond très bien au cadre des partenariats suggérés dans les Objectifs de Développement du Millenium qui mobilisent de plus en plus de communautés et d’associations dans les pays développés.

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