Vigilance, vigilance

webmaster le 15 août 2010

Depuis le 5 aout dernier, une nouvelle date a été fixée pour l’élection présidentielle tant attendue. Sur proposition de la CEI avec le soutien du Premier Ministre, qu’il faut le rappeler occupe encore de fait la moitié nord du pays, le Président Gbagbo a signé un décret fixant la date du premier tour des élections au 31 octobre 2010. S’il faut se féliciter de la fixation de cette date qui remet le processus de sortie de crise en scelle, il y a lieu de rester vigilant et mettre la pression sur le camp présidentielle jusqu’à la tenue effective des élections à la dite date, et ce pour trois raisons majeurs.

La première raison tient à la récurrence des rendez-vous manqués dont nous a habitué le sieur Gbagbo, boulanger émérite de son état. La dernière en date étant le 29 novembre 2009 pour laquelle il aurait mis la main au feu pour faire preuve de sa détermination à aller aux élections « vite vite ». A ces propres dires il y a quelques jours de cela, les « gens » qui ont proposé ces dates avant  lui auraient menti à l’insu de son plein gré. Il faut cependant faire remarquer que les germes de la double dissolution de la CEI et du Gouvernement de février 2010 avaient déjà fait le tour de la maison Bleu et Blanc au lendemain du rendez-vous manqué de fin novembre 2009, avec des déclarations enflammées de l’illuminé Gervais Coulibaly.

La seconde raison tient à la fragilité du processus de finalisation de la liste électorale, partant de la liste grise a la liste finale en passant par la liste blanche. En effet, depuis l’annonce de la fin de la période des réclamations, chaque jour vient avec son lot d’accusations de fraude de nationalité et de radiations injustifiées de la liste électorale. Il faut ajouter à cela le processus concomitant de désarmement qui est un exercice d’équilibriste dont les arcanes échappent au commun des citoyens que nous sommes.

Enfin, voyons le en face : le FPI n’a pas la majorité qu’il s’est targué d’avoir au cours de ces dix dernières années au grand dam de la réalité sociopolitique de la Cote d’Ivoire. Les recrues de dernière heure, achetés a coup de milliards pillés dans des caisses de l’Etat déjà vides ne peuvent cacher l’ardent soleil de la minorité criarde de la soi-disant majorité présidentielle. Aller aux élections dans ces conditions est pour le moins dire suicidaire. Gbagbo acceptera-t-il d’aller aux élections comme un mouton au matin de la Tabaski, sachant que le jour de son jour est arrivé ?

Ces raisons, plutôt que nous conduire au défaitisme, doivent au contraire insuffler en nous un sursaut républicain pour défendre la démocratie dans notre pays tant aimé. Le but final est à portée de main. Si nous le laissons s’éloigner, il nous sera beaucoup plus difficile de le reconquérir. Comme on le dit chez nous : « en même temps est mieux ; tout près n’est pas loin ». Arrachons a Gbagbo ces élections, que cela l’arrange ou pas. Restons vigilants et mobilisés jusqu’au bout, jusqu’au 31 octobre prochain, et après, pour une Cote d’Ivoire qui renoue avec le succès.

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