Analysons à tête froide le communiqué du Conseil de Paix et de Sécurité de l’UA
Dès la publication du communiqué final du CPS, le journal Notre Voie titrait sa parution du samedi 29 décembre 2011 « 5 chefs d’Etats à Abidjan pour la Vérité » avec à sa suite le journal « Notre Temps » titrant « L’Afrique rejoint Laurent Gbagbo », tandis que le Patriote titrait « Les Propositions de Gbagbo rejetées ». En titrologue averti, on est évidement tenté de se demander si ces différents journaux se réfèrent au même communiqué. Cette réflexion se propose de faire une analyse à tête froide du communiqué final pour en ressortir le principe simple qui l’associe au processus de sortie de crise en Cote d’Ivoire.
Tout d’abord, le communiqué final dans son premier point prend acte des déclarations du Président Nigérian Jonathan Goodluck, Président en exercice de la CEDEAO, qui par l’entremise de son ministre des Affaires Etrangères annonçait par une lettre publique que la CEDEAO venait d’introduire une demande au Conseil de Sécurité de l’ONU pour autoriser l’utilisation de la force légitime comme ultime moyen pour restaurer la démocratie en Cote d’Ivoire. Prendre acte d’une telle demande sans y porter un jugement tel que constaté dans les huit autres point du communiqué final suggère une seule chose : la procédure diplomatique à travers le Panel de 5 chefs Etats représentatifs des 5 sous-régions Africaines pour trouver une issue pacifique à la crise actuelle ne saurait se substituer à la procédure parallèle pour l’obtention de l’aval du Conseil de Sécurité de l’ONU pour utiliser la force légitime. Ces deux procédures sont parallèles, dans deux registres clairement identifiés. La CEDEAO, en tant qu’instance sous régionale à laquelle appartient la Cote d’Ivoire, a dans sa « boite à outil » l’ECOMOG, branche armée dont elle s’est dotée pour s’assurer que les velléités anti-démocratiques ne se propagent à la vitesse V dans une sous-région promis à un bel avenir d’intégration économique et sociale. L’UA n’a pas un tel mandat. Autant les pays de la CEDEAO sont directement et physiquement (aussi bien par le canal des frontières terrestres que la présence massive de leur concitoyens sur le sol Ivoirien) concernés par la crise post-électorale en Cote d’Ivoire, autant l’Angola, la Guinée Equatoriale, l’Ouganda et l’Afrique du Sud sont éloignés de cette crise. C’est donc en voisin conscients des risques réels que représente la crise postélectorale en Cote d’Ivoire que le Nigeria de Goodluck a introduit au Conseil de Sécurité de l’ONU une demande d’autorisation d’utiliser la force légitime en Cote d’Ivoire sous la bannière de l’ECOMOG. Cette procédure n’empêche en rien l’UA, de tenter une ultime action diplomatique dont les conclusions sont promises à être « contraignante » pour toutes les parties. Notons cependant au passage que l’UA n’a pas dans sa « boite à outils » une branche armée pour contraindre les parties, car avouons net : il n’y a pas de contrainte sans force effective. Fort heureusement, la CEDEAO est une instance sous régionale de l’UA qui prêtera volontiers à cette dernière son moyen légitime de contrainte, l’ECOMOG, pour peu qu’à l’issue du mois que le Panel aura à plancher sur le terrain diplomatique, la CEDEAO est obtenue le quitus du Conseil de Sécurité d’utiliser la force légitime si nécessaire. D’où l’importance que ces deux procédures soient maintenues distinctes l’une de l’autre mais avancer en toute symbiose pour se renforcer mutuellement au moment opportun.
Venons-en au second point du communiqué final. L’UA réaffirme ses positions antérieures, la plus importante étant que l’UA « reconnait M. Alassane Dramane Ouattara comme Président élu à l’issue du scrutin présidentiel du 28 novembre 2010, sur la base des résultats certifiés par le Représentant spécial du Secrétaire Général des Nations unies, conformément à la résolution 1765 du 16 juillet 2007 et aux différents Accords signés par les parties ivoiriennes et
entérinés par la CEDEAO, l’UA et les Nations unies ». Alea Jecta Es (les dés sont jetés).
Ensuite l’UA se félicite au 3e point des médiations pacifiques antérieures sous la bannière de la CEDEAO et de l’UA. La longue liste des différentes médiations mentionnées n’a qu’un seul objectif : rappeler que la diplomatie a quasiment épuisée toutes ses cartouches, avec une population meurtrie, traumatisée et prise en otage (point 4 du communiqué final), malgré son attachement si fort à la démocratie et la résolution durable de la crise (point 5).
C’est donc fort de ce constat que l’UA propose une ultime tentative diplomatique suffisamment détaillée dans le point 6 du communiqué final pour empêcher tout travestissement de cette idée. Notons à ce propos que le « Groupe de Haut Niveau » est mandaté a travaillé sur la base des décisions pertinentes de l’UA et la CEDEAO que nous avons longuement expliquées dans le deuxième paragraphe de cette réflexion. Le Groupe a au maximum un mois impératif pour boucler cette ultime tentative diplomatique.
Le point 7 du communiqué final exige la levée immédiate du Blocus de l’Hôtel du Golf, rappelle la tenue des élections législatives qui vont certainement mettre un coup d’arrêt au FPI/LMP en tant que Parti ayant une quelconque représentativité et conclu avec le parachèvement du désarmement et le retour à la normalité définitive dans notre chère Patrie (point 8 du Communique Final).
Le compte à rebours a donc commencé.
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Du rôle du conseil constitutionnel dans la crise actuelle
La crise post-électorale qui secoue notre cher pays depuis la clôture des bureaux de vote au soir du 28 novembre ne doit pas être un statu-quo, au risque de voir la Côte d’Ivoire inscrite sur la liste des « failed States » a jamais. Pour ce faire, nous avons tous le devoir de prendre le recul nécessaire afin d’envisager des portes de sortie de se bourbier. Il me semble qu’une des clés de sortie de cette crise est de bien situe le rôle du Conseil Constitutionnel dans la crise, étant donne que l’argument ultime utilisé par le camp d’en face est que le Président de ce Conseil a le dernier mot en la matière.
Resume du programme de gouvernement du PDCI-RDA
Le PIB annuel de la Cote d’Ivoire est actuellement de l’ordre de 10 mille milliards de FCA. En faisant l’hypothèse conservatrice que les recettes fiscales et dons reçus représentent 20% du PIB, et que le budget est équilibré en recette et dépense, au moins 2 milles milliards de nos francs sur cinq ans, soit 10 milles milliards, seront à la disposition du futur Président pour réaliser le projet de société sur lequel il aura été élu. Les Ivoiriens sont en droit de savoir ce que chaque candidat fera de ces 10 milles milliards (excluant les capitaux étrangers) avant d’entrer dans l’urne au matin du 31 octobre 2010. Le Président Bédié a dans son discours programme de janvier 2010 évoqué dix défis majeurs qui structurent les grandes orientations stratégiques qu’il envisage pour la Côte d’Ivoire. Ces 10 défis s’articulent autour de trois piliers fondamentaux qui sous-tendent le programme de gouvernement du PDCI-RDA: la reconstruction de l’unité nationale (Pilier 1), le renouvellement du pacte social (Pilier 2) et le renforcement de la compétitivité de l’économie (Pilier 3).
Vigilance, vigilance
Depuis le 5 aout dernier, une nouvelle date a été fixée pour l’élection présidentielle tant attendue. Sur proposition de la CEI avec le soutien du Premier Ministre, qu’il faut le rappeler occupe encore de fait la moitié nord du pays, le Président Gbagbo a signé un décret fixant la date du premier tour des élections au 31 octobre 2010. S’il faut se féliciter de la fixation de cette date qui remet le processus de sortie de crise en scelle, il y a lieu de rester vigilant et mettre la pression sur le camp présidentielle jusqu’à la tenue effective des élections à la dite date, et ce pour trois raisons majeurs.
Appel à la Désobéissance Civile
L’Etat de droit n’existe plus en Cote d’Ivoire depuis ce vendredi 12 février 2010. En effet, en décidant de façon unilatérale de dissoudre le Gouvernement d’Union Nationale et le Commission Electorale Indépendante en plein cœur d’un processus de sortie de crise, le candidat du FPI, Laurent Gbagbo, a porté un coup d’arrêt barbare a la démocratie, et foulé au pied l’essence même de l’existence de l’Etat de Côte d’Ivoire. Les différents accords de Linas-Marcoussis à l’Accord Politique de Ouagadougou, qui jusque là assurait une certaine légitimité à la présidence de Laurent Gbagbo après l’expiration de son mandat en 2005, ont été rendu caducs par cet acte belliqueux et confiscatoire.
« Les candidats de l’étranger »
Lors d’une sortie récente, le candidat Laurent Gbagbo a laissé entendre en substance qu’il y avait des « candidats de l’étranger » qui allait venir courtiser les électeurs ivoiriens pendant la campagne présidentielle qui s’annonçait. Ces propos étaient d’autant plus énigmatiques vu que le déclaré candidat de la Refondation ajoutait aussitôt après qu’il ne pouvait pas en dire plus… Il se pourrait qu’il y ait des « candidats de l’étranger » tapis dans l’ombre que seul le Président-devenu-Candidat Gbagbo a le privilège de connaître étant donner son accès privilégié à tous les secrets de l’Etat de Côte d’Ivoire. Mais si en fait par l’expression mystérieuse de « candidats de l’étrangers » le candidat Gbagbo voulais parler en parabole de ses adversaires qui ont une riche expérience internationale ainsi qu’un carnet d’adresse que tout dirigeant soucieux du développement de son pays remercierait le ciel d’avoir, je suis amener a m’interroger sur la vision que le candidat Gbagbo a du développement de la Cote d’Ivoire.
Les 2 millions 752 181
La tant attendue liste électorale provisoire semble enfin prête après des vagues successives d’audiences foraines puis d’enrôlements. Des propos officiels, il ressort que sur un total de 6 384 816 de personnes enrôlées, 2 752 181 personnes ne figurent dans aucun fichier historique. Un peu de “ titrologie” le jour de la remise de la liste au President de la Republique donne une idée des lignes d’attaques qui semblent avoir été arrêtées par chaque bord. “Notre Voie” titrait en son édition du 6 Octobre: “Fraudeurs, voici les sanctions”. “L’inter” annonçait “Le report des élections se précise”. “Le Nouveau Réveil” titrait “Epais nuages sur le 29 Novembre”. “Nord-Sud” titrait “la guerre de la nationalité reprend”. “Le Mandat” annonçait: “Le fauteuil de Mambé brûle”, tandis que “le Patriote” titrait sobrement “La liste électorale remise a Gbagbo aujourd’hui”. Le lendemain de la remise de liste au Président Gbagbo, “Fraternité Matin” lui prêtait ces propos: “Que la présidentielle au moins ait lieu en 2009”…
Le sondage du siecle
Rare sont les ivoiriens qui n’ont pas entendu parle du recent sondage SOFRES initie par la Presidence. Il semblerait que aucun des « trois grands » n’ait la majorite des voix des sondes au premier. Plusieurs « spins » peuvent deriver de ce sondage, tous contradictoires les uns les autres. Mais il me semble que l’une des choses que ce sondage montre, c’est que la Cote d’Ivoire n’est plus si loin de sa vraie premiere alternance politique.