Vigilance, vigilance
Depuis le 5 aout dernier, une nouvelle date a été fixée pour l’élection présidentielle tant attendue. Sur proposition de la CEI avec le soutien du Premier Ministre, qu’il faut le rappeler occupe encore de fait la moitié nord du pays, le Président Gbagbo a signé un décret fixant la date du premier tour des élections au 31 octobre 2010. S’il faut se féliciter de la fixation de cette date qui remet le processus de sortie de crise en scelle, il y a lieu de rester vigilant et mettre la pression sur le camp présidentielle jusqu’à la tenue effective des élections à la dite date, et ce pour trois raisons majeurs.
La première raison tient à la récurrence des rendez-vous manqués dont nous a habitué le sieur Gbagbo, boulanger émérite de son état. La dernière en date étant le 29 novembre 2009 pour laquelle il aurait mis la main au feu pour faire preuve de sa détermination à aller aux élections « vite vite ». A ces propres dires il y a quelques jours de cela, les « gens » qui ont proposé ces dates avant lui auraient menti à l’insu de son plein gré. Il faut cependant faire remarquer que les germes de la double dissolution de la CEI et du Gouvernement de février 2010 avaient déjà fait le tour de la maison Bleu et Blanc au lendemain du rendez-vous manqué de fin novembre 2009, avec des déclarations enflammées de l’illuminé Gervais Coulibaly.
La seconde raison tient à la fragilité du processus de finalisation de la liste électorale, partant de la liste grise a la liste finale en passant par la liste blanche. En effet, depuis l’annonce de la fin de la période des réclamations, chaque jour vient avec son lot d’accusations de fraude de nationalité et de radiations injustifiées de la liste électorale. Il faut ajouter à cela le processus concomitant de désarmement qui est un exercice d’équilibriste dont les arcanes échappent au commun des citoyens que nous sommes.
Enfin, voyons le en face : le FPI n’a pas la majorité qu’il s’est targué d’avoir au cours de ces dix dernières années au grand dam de la réalité sociopolitique de la Cote d’Ivoire. Les recrues de dernière heure, achetés a coup de milliards pillés dans des caisses de l’Etat déjà vides ne peuvent cacher l’ardent soleil de la minorité criarde de la soi-disant majorité présidentielle. Aller aux élections dans ces conditions est pour le moins dire suicidaire. Gbagbo acceptera-t-il d’aller aux élections comme un mouton au matin de la Tabaski, sachant que le jour de son jour est arrivé ?
Ces raisons, plutôt que nous conduire au défaitisme, doivent au contraire insuffler en nous un sursaut républicain pour défendre la démocratie dans notre pays tant aimé. Le but final est à portée de main. Si nous le laissons s’éloigner, il nous sera beaucoup plus difficile de le reconquérir. Comme on le dit chez nous : « en même temps est mieux ; tout près n’est pas loin ». Arrachons a Gbagbo ces élections, que cela l’arrange ou pas. Restons vigilants et mobilisés jusqu’au bout, jusqu’au 31 octobre prochain, et après, pour une Cote d’Ivoire qui renoue avec le succès.
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Appel à la Désobéissance Civile
L’Etat de droit n’existe plus en Cote d’Ivoire depuis ce vendredi 12 février 2010. En effet, en décidant de façon unilatérale de dissoudre le Gouvernement d’Union Nationale et le Commission Electorale Indépendante en plein cœur d’un processus de sortie de crise, le candidat du FPI, Laurent Gbagbo, a porté un coup d’arrêt barbare a la démocratie, et foulé au pied l’essence même de l’existence de l’Etat de Côte d’Ivoire. Les différents accords de Linas-Marcoussis à l’Accord Politique de Ouagadougou, qui jusque là assurait une certaine légitimité à la présidence de Laurent Gbagbo après l’expiration de son mandat en 2005, ont été rendu caducs par cet acte belliqueux et confiscatoire.
« Les candidats de l’étranger »
Lors d’une sortie récente, le candidat Laurent Gbagbo a laissé entendre en substance qu’il y avait des « candidats de l’étranger » qui allait venir courtiser les électeurs ivoiriens pendant la campagne présidentielle qui s’annonçait. Ces propos étaient d’autant plus énigmatiques vu que le déclaré candidat de la Refondation ajoutait aussitôt après qu’il ne pouvait pas en dire plus… Il se pourrait qu’il y ait des « candidats de l’étranger » tapis dans l’ombre que seul le Président-devenu-Candidat Gbagbo a le privilège de connaître étant donner son accès privilégié à tous les secrets de l’Etat de Côte d’Ivoire. Mais si en fait par l’expression mystérieuse de « candidats de l’étrangers » le candidat Gbagbo voulais parler en parabole de ses adversaires qui ont une riche expérience internationale ainsi qu’un carnet d’adresse que tout dirigeant soucieux du développement de son pays remercierait le ciel d’avoir, je suis amener a m’interroger sur la vision que le candidat Gbagbo a du développement de la Cote d’Ivoire.
Les 2 millions 752 181
La tant attendue liste électorale provisoire semble enfin prête après des vagues successives d’audiences foraines puis d’enrôlements. Des propos officiels, il ressort que sur un total de 6 384 816 de personnes enrôlées, 2 752 181 personnes ne figurent dans aucun fichier historique. Un peu de “ titrologie” le jour de la remise de la liste au President de la Republique donne une idée des lignes d’attaques qui semblent avoir été arrêtées par chaque bord. “Notre Voie” titrait en son édition du 6 Octobre: “Fraudeurs, voici les sanctions”. “L’inter” annonçait “Le report des élections se précise”. “Le Nouveau Réveil” titrait “Epais nuages sur le 29 Novembre”. “Nord-Sud” titrait “la guerre de la nationalité reprend”. “Le Mandat” annonçait: “Le fauteuil de Mambé brûle”, tandis que “le Patriote” titrait sobrement “La liste électorale remise a Gbagbo aujourd’hui”. Le lendemain de la remise de liste au Président Gbagbo, “Fraternité Matin” lui prêtait ces propos: “Que la présidentielle au moins ait lieu en 2009”…
Le sondage du siecle
Rare sont les ivoiriens qui n’ont pas entendu parle du recent sondage SOFRES initie par la Presidence. Il semblerait que aucun des « trois grands » n’ait la majorite des voix des sondes au premier. Plusieurs « spins » peuvent deriver de ce sondage, tous contradictoires les uns les autres. Mais il me semble que l’une des choses que ce sondage montre, c’est que la Cote d’Ivoire n’est plus si loin de sa vraie premiere alternance politique.