Retour à la Normalité?
La Cote d’Ivoire est enfin dotée d’une nouvelle Assemblée Nationale, pilier institutionnel essentiel qui manquait depuis la prise effective du pouvoir par le Président Ouattara. On pourra spéculer à souhait sur la représentativité de cette Assemblée vu l’absence du FPI, sur le passé de Rebelle de son tout nouveau Président, sur le manque de fair-play entre les alliés du RHDP voire même le retour de la violence politique lors des législatives partielles de février. Toujours est-il que cette Assemblée Nationale ne demeure pas moins légitime. Sur le plan politique, la promesse électorale faite au PDCI a enfin été honorée quand bien même nul n’est dupe qu’il ne s’est agit que d’une simple chaise musicale. Des voies se lèvent aussi au FPI pour encourager à un dialogue sincère avec le pouvoir en place. La normalité semble être de retour. Vraiment ?
La rébellion et son corollaire de conflit sanglant d’après-présidentielle est un boulet que nous aurons à trimbaler, en tant que peuple, pendant des décennies. Des voix plus indiquées se chargeront d’établir en temps opportun les responsabilités des uns et des autres — osons espérer — dans la vérité, le pardon et la réconciliation. Pour nous citoyens, il demeure essentiel d’apprendre à revivre ensemble dès maintenant, à continuer à nourrir l’espoir d’un idéal socio-économique et politique où chacun donne le meilleur de lui-même pour le bien-être commun. Comme Martin Luther King Jr. le disait, « la mesure ultime d’un homme n’est pas la position qu’il prend pendant les moments de confort et de convenance mais plutôt celle qu’il prend pendant les moments de défis et de controverse ». Si nous sommes partisans de cette pensée, l’apparent retour à la normalité ne nous trompera pas.
Dix ans d’économie de guerre ont altérés l’âme de nos institutions publiques. Très certainement, les valeurs personnelles ont aussi été affectées, laissant place à la culture de la médiocrité, de la corruption, de la malhonnêteté, de la recherche du gain facile. Les valeurs familiales telles que la confiance, l’entraide, la protection, l’éducation ont été ébranlées. La communauté semble une notion de plus en plus lointaine. Pendant ces dix ans, la qualité jadis reconnue et louée de notre système éducatif s’est constamment dégradée, jetant chaque année sur le marche du chômage (sic) des vagues de chômeurs de moins en moins qualifiés. La fonction publique qui était le seul pourvoyeur stable d’emplois a absorbé les mieux « offrant », pas nécessairement les plus motivés par le service public. Le secteur privé, à l’exception des entreprises qui ont appris l’art de prospérer en eaux troubles sous d’autres cieux, a été étouffé et réduit à une portion congrue. Et la paupérisation est allée en crescendo. L’apparent retour à la normalité ne doit pas nous tromper. Mais que faire ? Où commencer ?
La pensée précède l’action. Et la pensée se nourrit de l’intelligence des uns et des autres. C’est ce qu’on appelle le « brainstorming » dans le monde anglo-saxon. Commençons par échanger sur ces sujets. Proposons nos idées, nos solutions. Explorons ensemble ce qui se passe sous d’autres cieux. Nos idées se fertilisant de nos expériences et perspectives différentes sauront certainement s’imposer tôt ou tard. Mon vœu est que ce forum de discussion contribue ne serait-ce que marginalement à cet élan de réflexion collective.
Le Webmaster.
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Pour une gestion stratégique des finances publiques ivoiriennes
Tous les pays du monde sont endettés, mais l’important est la soutenabilité de cette dette, c’est-à-dire la capacité de l’économie à générer des ressources suffisantes pour le remboursement de la dette sans entraver le développement des secteurs d’activité à la charge de l’Etat. En 2008, la dette publique de long terme de la Cote d’Ivoire s’élevait a près de 10 milliards de dollars, soit 43% de son PIB. Pour être soutenable, le FMI estime que le taux d’endettement des pays pauvres devrait être inférieur a 30% a chaque période… Pour maîtriser cette dette, trois axes d’intervention sont a considérer : (i) une bonne gestion des finances publiques ; (ii) la qualification pour l’initiative Pays Pauvres Très Endettés ; (iii) et la titrisation de certaines dettes bilatérales.
Ouvrons le debat sur la politique de croissance ivoirienne
Le taux de croissance de la population ivoirienne est estimé à 1.5% sur la période 2003-2015. Si nous faisons l’hypothèse d’une inflation constante autour 2% sur cette période, la croissance économique devrait être au moins égale à 3.5% au cours de la prochaine décennie pour maintenir le niveau actuel de bien-être de la population, et donc un taux de croissance approchant les deux chiffres pour espérer réduire significativement la pauvreté actuelle. Il est donc nécessaire d’avoir une politique de croissance économique qui va au-delà de la gestion quotidienne des finances publiques. Les mesures suivantes pourraient aider dans ce sens: (i) la bonne gouvernance; (ii) la constitution du capital humain; (iii) l’innovation; (iv) la diversification; (v) et une politique energetique solide.