Retour à la Normalité?

webmaster le 16 mars 2012

La Cote d’Ivoire est enfin dotée d’une nouvelle Assemblée Nationale, pilier institutionnel essentiel qui manquait depuis la prise effective du pouvoir par le Président Ouattara. On pourra spéculer à souhait sur la représentativité de cette Assemblée vu l’absence du FPI, sur le passé de Rebelle de son tout nouveau Président, sur le manque de fair-play entre les alliés du RHDP voire même le retour de la violence politique lors des législatives partielles de février. Toujours est-il que cette Assemblée Nationale ne demeure pas moins légitime. Sur le plan politique, la promesse électorale faite au PDCI a enfin été honorée quand bien même nul n’est dupe qu’il ne s’est agit que d’une simple chaise musicale. Des voies se lèvent aussi au FPI pour encourager à un dialogue sincère avec le pouvoir en place. La normalité semble être de retour. Vraiment ?

La rébellion et son corollaire de conflit sanglant d’après-présidentielle est un boulet que nous aurons à trimbaler, en tant que peuple, pendant des décennies. Des voix plus indiquées se chargeront d’établir en temps opportun les responsabilités des uns et des autres — osons espérer — dans la vérité, le pardon et la réconciliation. Pour nous citoyens, il demeure essentiel d’apprendre à revivre ensemble dès maintenant, à continuer à  nourrir l’espoir d’un idéal socio-économique et politique où chacun donne le meilleur de lui-même pour le bien-être commun. Comme Martin Luther King Jr. le disait, « la mesure ultime d’un homme n’est pas la position qu’il prend pendant les moments de confort et de convenance mais plutôt celle qu’il prend pendant les moments de défis et de controverse ». Si nous sommes partisans de cette pensée, l’apparent retour à la normalité ne nous trompera pas.

Dix ans d’économie de guerre ont altérés l’âme de nos institutions publiques. Très certainement, les valeurs personnelles ont aussi été affectées, laissant place à la culture de la médiocrité, de la corruption, de la malhonnêteté, de la recherche du gain facile. Les valeurs familiales telles que la confiance, l’entraide, la protection, l’éducation ont été ébranlées. La communauté semble une notion de plus en plus lointaine. Pendant ces dix ans, la qualité jadis reconnue et louée de notre système éducatif s’est constamment dégradée, jetant chaque année sur le marche du chômage (sic) des vagues de chômeurs de moins en moins qualifiés. La fonction publique qui était le seul pourvoyeur stable d’emplois a absorbé les mieux « offrant », pas nécessairement les plus motivés par le service public. Le secteur privé, à l’exception des entreprises qui ont appris l’art de prospérer en eaux troubles sous d’autres cieux, a été étouffé et réduit à une portion congrue. Et la paupérisation est allée en crescendo. L’apparent retour à la normalité ne doit pas nous tromper. Mais que faire ? Où commencer ?

La pensée précède l’action. Et la pensée se nourrit de l’intelligence des uns et des autres. C’est ce qu’on appelle le « brainstorming » dans le monde anglo-saxon. Commençons par échanger sur ces sujets. Proposons nos idées, nos solutions. Explorons ensemble ce qui se passe sous d’autres cieux. Nos idées se fertilisant de nos expériences et perspectives différentes sauront certainement s’imposer tôt ou tard. Mon vœu est que ce forum de discussion contribue ne serait-ce que marginalement à cet élan de réflexion collective.

Le Webmaster.

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La crise post-électorale qui secoue notre cher pays depuis la clôture des bureaux de vote au soir du 28 novembre ne doit pas être un statu-quo, au risque de voir la Côte d’Ivoire inscrite sur la liste des « failed States » a jamais. Pour ce faire, nous avons tous le devoir de prendre le recul nécessaire afin d’envisager des portes de sortie de se bourbier. Il me semble qu’une des clés de sortie de cette crise est de bien situe le rôle du Conseil Constitutionnel dans la crise, étant donne que l’argument ultime utilisé par le camp d’en face est que le Président de ce Conseil a le dernier mot en la matière.

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Reflexion sur le decentralisation en Cote d’Ivoire

Souleymane Coulibaly le 5 septembre 2009

En 1971, Simon Kuznets obtenait le Prix Nobel d’ Economie pour ces travaux démontrant que pour qu’un pays passe du niveau de revenu bas à un niveau de revenu élevé, il doit passer par une transformation sectorielle de l’agriculture, à l’industrie, puis aux services. En Décembre 2008, Paul Krugman a obtenu le Prix Nobel d’Economie pour ces travaux montrant que les transformations sectorielles mises en évidence par Kuznets doivent nécessairement être accompagnées par une concentration croissante des activités économiques dans des zones urbaines pour exploiter les économies d’échelle nécessaires à une diversification des activités économiques et des exportations. Malheureusement, le morcellement de l’Afrique hérité de la conférence des puissances coloniales à Berlin en 1884 a altéré les transformations spatiales qui auraient favorisées l’émergence des économies d’échelle nécessaires au développement du continent.

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Au-delà des aspects légaux, la confiance suscitée et maintenue entre les citoyens d’un Etat reste un ciment nécessaire au succès de tout projet commun : confiance dans les institutions, confiance dans le système judiciaire, confiance dans système législatif, confiance dans le gouvernement qui exerce la souveraineté au quotidien. La confiance peut-être assurée si les citoyens réalisent que les changements positifs effectués sont irréversibles. La situation sociopolitique récente de la Côte d’Ivoire semble requérir les changements suivants : (i) la mise en oeuvre des reformes institutionnelles incluses adoptees par le referendum de 2000; (ii) une clarification de la politique de decentralisation; (iii) et la moralisation de la l’administration publique.

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