Nous
avons trop parlé de guerre,...Il est temps
d'agir pour
la mobilisation, la paix et la construction de notre Avenir !
POUR UNE POLITIQUE
ECONOMIQUE ET SOCIALE COHERENTE
Document cadre des
Espaces Forum du PDCI-RDA
Par le Dr. COULIBALY Souleymane
Commissaire
Général Europe-Amérique du Forum National des Jeunes du PDCI
Ce document cadre sert de base pour l'animation des
Espaces Forum en Europe et en Amérique. Il met l'accent sur l'option libérale
du PDCI tout en intégrant les aspects sociaux essentiels à la consolidation
d'une nation. Ce document cadre vise à jeter un regard global sur les
principaux aspects de politique économique et sociale de façon générale, fait
le point sur la situation de la Côte d'Ivoire au cours des dernières années
et initie une discussion interne au sein du PDCI à travers les espaces forum
pour faire émerger une vision militante cohérente sur ces questions
économiques et sociales. Un pays se gouverne avec un programme de société qui
se doit d'être une émanation populaire. Ce document cadre s'articule autour
de six points qui recouvrent des aspects économiques (croissance, production,
commerce et endettement) et sociaux (emploi, pauvreté, santé, environnement
et cadre de vie).
La politique de croissance économique
D'une année à l'autre, le nombre de personnes en âge
de travailler dans un pays augmente, le nombre de personnes à charge dans les
familles augmente du fait des naissances et des départs à la retraite, les prix
des biens augmentent. Pour maintenir, voire augmenter le niveau de vie dans un
environnement aussi dynamique, le niveau de production doit aussi augmenter,
d'où la nécessité de mesures politiques favorisant une croissance économique
durable.
Les différents types de politiques de croissance
économique
La croissance économique peut être stimulée à deux
niveaux :
Au niveau de la demande. Stimuler la croissance économique par la demande consiste
à donner du pouvoir d’achat aux consommateurs pour relancer le cycle économique.
Cela peut se faire en facilitant les crédits à la consommation, en reformant le
système de redistribution des revenus par l’application de taux d'imposition favorables
aux couches moyennes qui consomment plus, en créant des emplois publics et ou
communautaires cohérents avec le cadre macroéconomique du pays, en octroyant un
revenu minimum cohérent avec le cadre macroéconomique du pays... Ces mesures
sont adaptées pour relancer l'économie dans le court terme, mais elles doivent
être nécessairement accompagnées de mesures de moyen et long terme qui, elles,
se focalisent sur l’offre.
Au niveau de l'offre. Stimuler la croissance économique par l’offre consiste
à améliorer l’environnement des entreprises en favorisant l'investissement
privé. Cela peut prendre la forme d'investissements publics en infrastructures
économiques tels que les routes, les rails, les aéroports, les ports mais aussi
les marchés, les places financières, les sources d’énergie... Il s’agit aussi
de renforcer le capital humain par une politique efficace d’éducation, de
formation initiale, de formation professionnelle et de formation continue et
encourager l’innovation technologique et l’adoption des nouvelles technologies.
Toutes ces mesures passent par une mobilisation de l'épargne privée et
publique, la simplification des circuits de financement des projets
d'investissement, la facilitation des investissements privés par la mise en
place d'une loi sur l'investissement stimulante. Ces mesures sont adaptées pour
relancer l'économie dans le moyen et long terme.
L'expérience récente de la Côte d'Ivoire
Depuis 1994, le Gouvernement ivoirien a mis en œuvre des programmes de
réformes macroéconomiques et structurelles destinées à réaliser une croissance
économique forte et équilibrée, et parvenir à une viabilité financière. Ces
programmes ont bénéficié de l'appui du Fonds Monétaire International dans le
cadre de la Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et la Croissance (FRPC),
pendant la période 1994-1997, et au cours de la période 1998-2001. En 1998, la
Côte d'Ivoire a été déclarée éligible à l'allègement de sa dette extérieure
dans le cadre de l'Initiative en faveur des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE).
La croissance économique a été supérieure à 5% en moyenne entre 1994 et 1998,
mais la situation économique et financière s'est considérablement dégradée à
partir de 1999, avec une forte détérioration des termes de l'échange, des
dérapages importants dans la gestion des finances publiques et des faiblesses
en matière de gouvernance aggravé d’une instabilité sociopolitique depuis le
coup d’Etat de décembre 1999. Cette situation n’a pas favorisée le
développement d’une politique viable de croissance économique.
Les données récentes de la Banque mondiale indique que la Côte d’Ivoire
a connu un taux de croissance économique de 1.8% en 2004 contre -3.8% en 2003.
Quant au taux d’inflation, il était de 2.3% en 2004 contre 1.8% en 2003.
Les Propositions du
Forum
....... A VENIR.........
La politique de production et la politique
commerciale
La politique de croissance économique donne le cadre macro-économique
dans lequel va évoluer le pays. La politique de production se focalise sur les
grands secteurs d'activité que sont l’agriculture, l’industrie et les services pour
en faire ressortir les leviers de croissance potentielle. Une fois la
production réalisée, la politique commerciale doit assurer la distribution la
plus large possible pour améliorer les marges commerciales des opérateurs
économiques, d'où la nécessité de mettre oeuvre des structures d'écoulement de
la production au niveau national, régional et international.
Spécialisation, diversification et accessibilité
du marché
Un pays produit sur la base de ses ressources naturelles, de son
capital humain, de son tissu industriel. Mais il peut aussi forcer le destin en
élaborant des stratégies pour développer des avantages compétitifs dans
certains secteurs d’activité. Pour atteindre ces objectifs qu'il se fixe, la
pays peut subventionner ou protéger temporairement certaines secteurs pour se
positionner comme leader ou au moins diversifier sa base de production,
encourager l'innovation dans les secteurs présentant un potentiel compétitif
pour le pays, créer des clusters industriels pour exploiter les synergies
d’expansion entre certains secteurs d’activités comme centre de recherche et
industries de hautes technologie.
Une fois la production réalisée, elle doit être
écoulée en utilisant un circuit de distribution fluide à l'intérieur du pays,
mais aussi étendre les débouchés vers l'extérieur. Cette extension extérieur nécessite
un bon réseau d'écoulement dans les marchés extérieurs clés pour bien exploiter
les accords multilatéraux discutés au sein de l’OMC et de la CNUCED, et aussi
un bon réseau dans la sous-région pour exploiter pleinement les accords
régionaux existants.
La théorie économique suggère qu’une production et une
distribution assurées par des initiatives privées bien encadrées par les
pouvoirs publics pour éliminer tout échec de marché sont nécessairement efficientes.
La tâche du Gouvernement doit donc être d'encourager et de favoriser
l'émergence d'une classe d'entrepreneurs nationaux et d'instaurer un
environnement favorable aux investisseurs étrangers tout en restant vigilant
sur les situations d’échec du marché.
L'expérience récente de la Côte d'Ivoire
La mise en chantiers de grands travaux à partir de 1994 dans le cadre
de partenariat public/privé ont permis à la Côte d’Ivoire de passer au premier
rang des pays de l’Afrique sub-saharienne (hors Afrique du Sud) pour les IDE
hors mines et hors hydrocarbures, ces deux secteurs n'occupant qu'une part
faible dans le PIB ivoirien. Selon les chiffres de la CNUCED, alors que la
moyenne annuelle des flux d'investissements directs étrangers entrants en Côte
d'Ivoire n'était, entre 1985 et 1995, que de 86 millions $, soit 9,1% des
investissements totaux, les IDE se sont élevés à 450 millions $ en 1997, soit 30%
des investissements totaux. En 1998, ils ont diminué à 314 millions $ (16% des
investissements totaux) pour atteindre 279 millions $ en 1999. Le retard pris
dans la poursuite des dernières privatisations et du programme de grands
travaux, la baisse de l'activité économique à partir de la mi-1999 et les
incertitudes politiques nées à la suite du coup d'État du 24 décembre 1999 ont
manifestement contribué à ralentir ce flux.
Selon les données du CEPICI, les demandes d'agréments à
l'investissement (exonérations fiscales et réductions douanières) se sont
portées, entre 1996 et 2000, en priorité dans les secteurs des
télécommunications (28%), l'agro-industrie et l'agroalimentaire (28%), les
transports (7%) et la chimie (5%). Les investissements dans le secteur
pétrolier et gazier restent encore limités comparés aux autres pays pétrolier
du Golfe de Guinée. Sur la période 1996-2000, les capitaux français
représentaient 23% des demandes d'agrément à l'investissement, derrière les
capitaux ivoiriens (52%) et devant les capitaux suisses (7%), britanniques (5%)
et américains (2%). Depuis le coup d’Etat de décembre 1999, compte tenu de la
situation économique et politique difficile, les demandes d'agrément de la part
des entreprises étrangères ont été fortement réduite.
La Côte d'Ivoire entretient des
relations commerciales privilégiées avec l'Union Européenne (accords
commerciaux conclus dans le cadre des conventions UE/ACP) avec 43,5% des
exportations totales au premier semestre 2001 et 42,6% des importations. Au
niveau de l'Afrique, le renforcement de l'intégration régionale a permis de
faire progresser et d'orienter de plus en plus les flux commerciaux vers et en
provenance des pays de l'UEMOA. Les exportations ivoiriennes vers et les
importations en provenance essentiellement de l’Afrique de l'Ouest ont été
stables autour de 30% entre 2000 et 2001. Les exportations vers l'Amérique du
Nord représentaient 8,1% des exportations totales. La Côte d'Ivoire importe
surtout des biens d'équipements et des produits transformés et exporte des
matières premières (36% des exportations) qui rendent son économie dépendante
des fluctuations des cours mondiaux.
Les données de la Banque Mondiale montrent qu’en 2001, la valeur
ajoutée de 1.5 milliards de $ générée par le secteur manufacturier ivoirien se
décomposait en 42% pour le secteur agro-alimentaire et tabac, 12% pour
l’industrie chimique, 10% pour l’industrie textile, 3% pour les machines et
équipements de transport et33% pour les
autres secteurs. Quant au 6 milliards de $ d’exportation enregistrées en 2003,
ils se répartissaient entre 56% de denrées alimentaires, 20% de produits
manufacturiers, 13% de produits pétroliers et 9% de matières premières
agricoles. Quant aux exportations de services commerciaux, elles sont en faible
augmentation entre 1990 et 2003 (de 425 millions de $ à 601 millions de $) mais
présentent un changement structurel : en 1990, les services de transport
représentaient 62% des exportations de services commerciaux contre 12% pour les
voyages, 8% pour les assurances et services financiers et 18% pour
l’informatique, la télécommunication et les autres services ; en 2003, les
services de transport ne représentaient plus que 19% contre 14% pour les
voyages et 67% pour l’informatique, la télécommunication et les autres services
non financiers. Cependant, le taux de croissance des exportations (services
compris) était de -0.9% en 2003. Les 4.5 milliards de $ d’importation de
marchandises enregistrés en 2003 se répartissaient en 48% de produits
manufacturiers, 22% de denrées alimentaires, 17% de produits pétroliers et 13%
d’autres marchandises. Quant aux importations de services commerciaux, elles
sont en faibles augmentation entre 1990 et 2003 (de 1.5 milliards de $ à 1.6
milliards de $), avec 44% d’importation de services de transport en 2003, 35%
de services informatique, de télécommunication et autres services non
financiers et 21% de services de voyage. Le taux de croissance des importations
(services compris) était de -1.3% en 2003.
c.Les Propositions du Forum
........ A VENIR.........
Le problème de la dette publique
L'État réalise des recettes fiscales et non fiscales
pour effectuer des dépenses de fonctionnement et d'investissement public. Si
les recettes dépassent les dépenses, l'Etat réalise une épargne publique qu'il
peut mettre à la disposition du secteur privé pour renforcer la croissance
économique, ou renforcer sa politique de protection sociale ou les
investissements publiques. Si les dépenses dépassent les recettes publiques,
l'Etat doit s'endetter pour financer ce déficit public. Si l'emprunt se fait au
niveau intérieur (bons du trésor par exemple), on parle de dette intérieure,
s'il est fait à l'extérieur, on parle de dette extérieure. La somme de ces deux
types de dette constitue la dette d'un pays. A ce montant s'ajoutent les
intérêts dus chaque année.
Impact de l'endettement sur la santé d'une
économie
L'État s'endette pour financer la part des dépenses non couvertes par
ses recettes. Si ces dépenses permettent de renforcer des activités économiques
qui génèrent des ressources, leur remboursement ne pose pas de problème. S'il
s'agit de dépenses «stériles», la dette constitue un lourd fardeau pour les
générations futures. Tout gouvernement a donc la responsabilité d'assainir ses
finances publiques pour ne pas exposer les générations futures à des défis
insurmontables. L'apurement des dettes est donc une nécessité vitale pour un
pays, pas une option. En outre, un pays non endetté ou très peu endetté est à
l'abri des mesures austères des organisations internationales.
L'expérience récente de la Côte d'Ivoire
Le poids de la dette continue d'absorber une part très importante des
ressources ivoiriennes. Au 1er mars 2001, l'encours des prêts de la Banque
Mondiale à la Côte d'Ivoire s'élevait à 1,945 milliards de $ dont 81 millions
d'impayés (592 millions de $ dont 74,9 millions de $ d'impayés pour la BIRD,
1,353 milliard de $ dont 6,1 millions de $ d'impayés pour l'AID). Pour répondre
au défaut de la Côte d'Ivoire sur le remboursement de sa dette, la BIRD a
augmenté ses provisions pour pertes de crédit de 150 millions de $ et passé en
charge 45 millions de $ au titre des intérêts non perçus.
C'est dans cette situation difficile que le Gouvernement de la deuxième
République a élaboré un programme intérimaire couvrant la période
juillet-décembre 2001 dont l'objectif principal était d'assainir la gestion des
finances publiques, relancer les réformes structurelles, s'attaquer aux
problèmes de gouvernance, rétablir la confiance et améliorer les relations
financières avec les créanciers.
Selon les données récentes de la Banque Mondiale, la dette extérieure
ivoirienne en 2003 s’élève à 12.2 milliards de $, dont 10.8 milliards de $ à
long terme. La dette publique s’élevait à 9.7 milliards de $ dont 2.3 milliards
de $ dus à la Banque Mondiale, la dette privée s’élevait à 1.1 milliard de $ et
les crédits du FMI s’élevait à 425 millions de $. En 2003, la dette totale
ivoirienne représentait 103% du PIB et les intérêts à payer représentaient 19%
des recettes de l’Etat. Ces données indiquent que la situation d’endettement de
la Côte d’Ivoire ne s’est pas améliorée depuis l’année 2000.
Les Propositions du
Forum
.............. A VENIR..................
Le problème de l'emploi
Le problème de l'emploi revêt une dimension sociale indéniable. Le
plein-emploi est la situation idéale mais la structure du marché du travail de
chaque pays, c'est-à-dire la fréquence à laquelle l'on trouve ou perd du
travail, impose un niveau de chômage naturel du pays. En mettant en œuvre des
mesures de politiques visant à augmenter la fréquence d'obtention d'un travail
et réduire la fréquence de perte d'emploi, un gouvernement peut réduire le taux
de chômage naturel et ainsi augmenter le niveau de l'emploi.
Les politiques de lutte contre le chômage
Pour bien cibler la politique de l'emploi d'un pays, il convient de
bien repérer les causes du chômage dans ce pays. Ces causes sont de deux types.
Tout
d’abord, le chômage peut être dû au manque de fluidité de l'information entre
ceux qui cherchent du travail et ceux qui veulent embaucher. Des mesures aidant
à la diffusion en temps réel des postes de travail disponibles à des agences où
sont répertoriés les demandeurs d'emploi peuvent permettre de résorber ce type
de chômage.
Le
chômage peut aussi être dû à l'attente d'un travail ou d'un salaire convenable.
Le marché du travail est segmenté par qualification et les salaires sont fixés
à partir des minima imposés par les négociations collectives. Une inadéquation
entre les postes de travail existant et la qualification des demandeurs
d'emploi peut entraîner du chômage. Un niveau de salaire minimum qui ne reflète
pas la productivité des travailleurs peut entraîner du chômage.
En plus de ces aspects, les pays en développement font face au problème
du travail informel mal ou pas du tout protégé, mal payé. Une meilleure
organisation de ces structures informelles par un gouvernement volontariste
peut réduire considérablement le niveau du chômage.
L'expérience récente de la Côte d'Ivoire
Le taux de chômage en zone urbaine était estimé à 13% en 1998.
L'enquête sur l'emploi et la performance des entreprises du secteur moderne
ivoirien menée conjointement par l'ENSEA et l'IRD entre février et mai 1999
nous donne une image de la structure de l'emploi en Côte d'Ivoire au cours de
ces dernières années. Cette enquête a porté sur 891 employés et 201 entreprises
du secteur moderne et a permis d'établir une typologie des contrats de travail
offerts, les déterminants de l'obtention de ces contrats.
L'étude révèle trois types de contrats: les salariés protégés (40%),
les salariés évolutifs (47%) et les salariés vulnérables (13%). Le premier type
de contrat est écrit, juridiquement reconnu, avec bulletin de paye, inscription
à la CNPS. Il offre au travailleur une couverture des dépenses de santé
relativement élevée. Cette couverture s'accompagne, pour la quasi-totalité de
ces travailleurs, de l'obtention de congés payés et de primes de transport.
C'est aussi dans ce groupe que l'on retrouve une grande partie des individus
obtenant des avantages «en nature» liés au travail (logement, véhicule). Ces
salariés peuvent pour plus de la moitié d'entre eux, bénéficier d'une formation
au sein de l'entreprise. Ils accèdent très majoritairement à l'emploi par
annonce, par l'AGEPE, par candidature spontanée ou encore par le biais de
stages. Un peu plus de la moitié de ce groupe est constitué de cadres et
d'agents de maîtrise. Le niveau d'éducation y est plutôt élevé (44% des
individus de ce groupe ont atteint un niveau d'étude supérieur, 42 % ont suivi
un enseignement technique, plus des trois-quarts d'entre eux possèdent un
diplôme sanctionnant le niveau d'étude qu'ils annoncent avoir atteint). La
proportion d'individus ayant suivi des enseignements supérieurs à l'étranger y
est plus importante que dans les autres groupes. Plus de 70 % d'entre eux ont
suivi un stage en entreprise au cours de leur formation. Le revenu horaire
moyen s'établit dans ce groupe à 1668 FCFA.
Le second type de contrat offre un travail plutôt irrégulier, la
couverture des dépenses de santé est beaucoup plus limitée (moins de 40 % des
travailleurs en bénéficient). L'accès à ce type de contrat se fait très
majoritairement par recommandation (80 % des individus ont recours à ce
mode d'insertion). De plus, 20 % d'entre eux ont un lien de parenté avec un
responsable de l'entreprise. Le niveau général d'éducation y est plus faible
que dans le groupe précédent; l'enseignement technique y est aussi bien moins
répandu et plus du quart des individus a suivi un apprentissage traditionnel.
Le revenu horaire moyen s'établit à 1059 FCFA.
Le troisième type de contrat présente une grande faiblesse en «contenu
social» et n'est presque jamais formel (presque jamais des contrats
« classiques » de type CDI / CDD, presque jamais de bulletin de
salaire). Les travailleurs appartenant à ce groupe ne sont qu'un quart à être
inscrits à la CNPS ou d'en avoir conscience. Ils ne disposent que d'un très
faible niveau de couverture des dépenses de santé et sont peu nombreux à
bénéficier de congés payés, de primes de transport ou de prêts accordés par
l'entreprise. Leur pouvoir de négociation du contrat à l'embauche paraît très
limité comparativement aux autres groupes. L'accès à ce type d'emploi se fait
majoritairement par recommandation et pour une bonne part, par relation
familiale. Soixante pour cent de ces individus sont des employés ou ouvriers non
qualifiés ou des manœuvres, en grande majorité engagés comme travailleurs
journaliers (80 %). Le niveau général d'éducation est plus faible dans ce
groupe que dans les autres. Plus de 60 % de ces individus viennent d'accéder au
secteur formel après leurs études, en sortant d'assez longues périodes de
chômage ou après un séjour dans l'informel. De façon générale, ils sont
beaucoup plus jeunes que les membres des autres groupes (âge moyen de 30 ans
contre 38 ans pour les autres) et leur ancienneté moyenne dans l'entreprise est
beaucoup plus faible que celles des membres des autres groupes (3,4 contre
environ 10 ans). Le revenu horaire moyen des individus appartenant au groupe 3
ne se monte qu'à 451 FCFA.
Les Propositions du
Forum
............ A VENIR ....................
La lutte contre la pauvreté
Si la pauvreté revêt une dimension psychologique, un
travail mal rémunéré, un taux de chômage élevé, un secteur informel mal
maîtrisé, une économie rurale inexistante, un accès limité à l'eau potable,
l'électricité et aux télécommunications sont des éléments objectifs de l'état
de pauvreté d'une population. La pauvreté pose le problème de la répartition
des richesses aussi bien au niveau national qu'international. Elle pose aussi
le problème d'accessibilité des commodités, de l'information, des financements.
Tout gouvernement à la responsabilité de mettre en œuvre des politiques
favorisant la réduction du niveau de pauvreté de sa population.
Les politiques de lutte contre la pauvreté
La redistribution des revenus entre les riches et les pauvres peut
réduire le niveau de pauvreté d'une population. Des politiques de ciblage
peuvent permettre d'identifier et d'aider les familles les plus exposées. Dans
un tel cadre, une collaboration avec les associations locales, les centres
sociaux, les ONG peuvent augmenter l'efficacité des mesures. Une politique de
protection sociale permet aussi d'atténuer les effets de la pauvreté. Mais la
misère ne se partageant, il est tout aussi nécessaire de créer de la richesse
pour remédier au problème de la pauvreté. Des mesures facilitant l'accès au
crédit et encourageant à la mutualisation des risques peuvent générer des
activités économiques aussi bien en zone rurale qu'urbaine. La mise à la
disposition d'un système d'information fluide renforce la productivité de ces
activités.
La situation de pauvreté en Côte en d'Ivoire
La Côte d'Ivoire a fait de la lutte contre la pauvreté une
préoccupation majeure de son programme de développement. En 1997, le
Gouvernement avait lancé une politique nationale de lutte contre la pauvreté
qui avait permis de faire progresser certains grands indicateurs sociaux.
Ainsi, la part de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté, qui
était de 36,8% en 1995, a fléchi à 33,6% en 1998 avec cependant des inégalités
considérables, notamment entre les zones urbaines et rurales. Aussi, en dépit
d'un niveau de revenu par habitant qui se situe dans la moyenne des pays en
développement, la Côte d'Ivoire figure toujours parmi le dernier quart du
classement retenu par le PNUD pour les indicateurs du développement humain.
Pour renforcer les efforts déjà déployés dans ce domaine et pour
promouvoir une amélioration notable du niveau de vie de la population, le
Gouvernement a mis en œuvre un plan de lutte contre la pauvreté préparé en
1997. Ce plan repose sur des mesures bien ciblées qui visent, entre autres, à
accroître les taux de scolarisation et d'alphabétisation, à améliorer la
qualité et l'accès aux soins de santé primaire, à accroître la participation
des femmes aux activités de développement, à enrayer l'exode rural, et à
maîtriser la croissance de la population.
Les Propositions du
Forum
................... A VENIR ...................
Cadre de vie, santé publique et environnement
Le cadre de vie d'un pays et son système de santé reflètent son niveau
de bien-être. Cela englobe la salubrité et la convivialité des espaces habités,
la maîtrise du transport public et des problèmes de pollution, l'accessibilité
et la disponibilité des centres de soin et d'encadrement psychosocial. Un bon
cadre de vie entretient une bonne santé et renforce l'estime de soi. Le
développement est l'harmonie retrouvée avec l'environnement qui nous entoure.
Impact du cadre de vie, de la santé publique et
de l'environnement
Le capital humain est la base du développement endogène et durable. Un
bon cadre de vie renforce l'estime de soi et favorise la santé. Une bonne santé
suppose des coûts de santé faibles et une plus grande disponibilité au travail.
Un système de transport public bien organisé réduit les retards et
l'absentéisme au travail tout en réduisant la pollution. Tout comme la dette,
la pollution est un fardeau laissé aux générations futures.
La situation de la Côte d'Ivoire
Les estimations de la Banque Mondiale indiquent qu'en
2001, 770 000 personnes vivaient en Côte d'Ivoire avec le VIH, 420 000 enfants
étaient des orphelins du SIDA avec 75 000 décès dus à cette maladie. 71% de la
population urbaine avait accès aux installations sanitaires contre seulement
35% en zone rurale. 92% de la population urbaine avait accès à l'eau potable contre
72% en zone rurale.
En ce qui concerne le transport urbain, la saturation des réseaux
routiers d'Abidjan, l'absence de valorisation des modes de transport
alternatifs à l'automobile (transport collectif, semi-collectif),
l'accessibilité restreinte des ménages les plus pauvres à des modes de
transport adaptés à leurs besoins, le manque de financement public, les impacts
sur la qualité de l'environnement (pollution atmosphérique locale et globale)
sont de notoriété publique. Il en est de même du problème de salubrité dans les
quartiers précaires, du ramassage des ordures dans les villes.